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Colloque "Archéologie et politique" - Bordeaux, France - 27.10.10


Dans le cadre du projet européen ACE (Archaeology in Contemporary Europe) KINEON et Icronos, organisateur du Festival international du Film archéologique de Bordeaux,organisent le 27 octobre 2010 à Bordeaux, un colloque sur le thème "Archéologie et politque : quels liens, quels enjeux aujourd’hui ?"

Colloque Archéologie et politique : quels liens, quels enjeux aujourd’hui ?
Athénée Municipal de Bordeaux (France),
Mercredi 27 octobre 2010
Organisé par Icronos-Festival international du Film archéologique de Bordeaux et l’asbl KINEON dans le cadre du projet ACE (Archaeology in Contemporary Europe)

ARCHÉOLOGIE ET POLITIQUE : QUELS LIENS, QUELS ENJEUX AUJOURD’HUI ?

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En prélude au 12e Festival international du Film archéologique de Bordeaux. Plusieurs documentaires ayant trait à ce thème feront partie de la programmation

Depuis son émergence comme science au début du XIXe siècle, l’archéologie a été utilisée et parfois même s’est dévoyée, au service de constructions identitaires locales, régionales, nationales, coloniales, voire "raciales". D’un côté on constate dans l’Histoire, ancienne ou récente, voire très actuelle, que les pouvoirs politiques ou les nationalismes ont cherché et cherchent encore dans l’archéologie la justification des idéologies ou des revendications les plus contestables, à l’occasion avec le soutien d’archéologues « engagés » ou au moins peu clairvoyants. D’un autre côté, on constate bien aussi que la recherche et le sauvetage légitimes des vestiges du passé ainsi que la conservation attendue de ce qui en est mis au jour sont devenus des enjeux politiques. Non pas au sens des rivalités et des querelles partisanes qu’ils soulèvent de temps en temps, mais au sens noble du terme, c’est-à-dire qu’ils sont l’affaire de tous, qu’ils font partie, au même titre que la protection de l’environnement, par exemple, des grands dossiers (notamment ceux de l’aménagement du territoire) que doivent désormais prendre en compte les responsables publics, à quelque niveau de décision ou d’exécution, national, international ou même mondial, qu’ils se situent.

Compte tenu de leur importance et de leurs conséquences sur notre culture et l’histoire de nos civilisations, les liens entre l’archéologie et la politique sont d’une actualité brûlante. Deux axes seront principalement traités lors de cette journée.

L’intervention du politique dans la recherche archéologique
On pense bien évidemment à l’utilisation par le régime nazi des données archéologiques pour valider ses prises de positions idéologiques, mais il existe des exemples plus récents et qui concernent l’ensemble de l’archéologie mondiale - et qui se déroulent souvent dans le cadre de démocraties occidentales. Citons à titre d’exemple, la polémique suscitée par la découverte d’un squelette de type caucasien à Kennewick aux Etats-Unis d’Amérique et qui remettrait en cause la présence première des Amérindiens sur ce continent. Un autre exemple porterait sur l’archéologie en Israël et en Palestine, où à des questions intéressant les trois religions monothéistes se surajoutent des enjeux de légitimation géopolitique et idéologique évidentes. Enfin, au-delà d’interprétations divergentes, seront aussi envisagés des cas d’interventions matérielles sur les vestiges du passé, tels la destruction des bouddhas de Bamiyan.

Les enjeux politiques de la gestion et de la conservation du patrimoine archéologique
L’archéologie permet aussi de mettre au jour un patrimoine qui peut devenir représentatif d’une culture, du passé d’un pays et, à ce titre, devenir un enjeu politique, mobilisant des acteurs sociaux, économiques, culturels et scientifiques. Emergent alors des conflits ou des contradictions qu’il s’agit de résoudre entre besoins de la protection et la valorisation du patrimoine et ceux du développement économique et infrastructurel. Ainsi, les sites à gravures rupestres de la vallée du Côa au Portugal devaient être noyés par les eaux d’un barrage, mais c’est la communauté scientifique portugaise puis internationale qui a empêché cette destruction et fait tomber le gouvernement en place. La décision d’ouvrir certaines fouilles ou de préserver certains vestiges relève souvent de choix politiques au niveau régional, national ou international selon les niveaux d’intérêt. Une ville peut décider de préserver les premières traces de sa fondation, un pays peut valoriser des monuments prestigieux au niveau d’une identité nationale ou essayer de les inscrire sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO, faisant de ces monuments des ambassadeurs culturels. Quel est le rôle des institutions internationales, nationales, régionales, que celles-ci soient étatiques, officielles, non-gouvernementales ou issues de la société civile ? Quels sont ces choix, quel est l’intérêt de l’inscription de vestiges archéologiques sur des listes de protection et de valorisation, avec quelles incidences financières, gestionnaires et culturelles ? Autant de questions qui méritent d’être débattues, et qui nous permettront de mieux mettre en lumière la diversité et la complexité des rapports unissant archéologie et politique.

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